Amoès aux Journées régionales de la construction bois en Nouvelle-Aquitaine

Amoès était présent aux journées régionales de la construction bois en Nouvelle-Aquitaine qui se sont tenues les 15 et 16 novembre derniers à Jonzac (17). En ouverture des conférences, nous avons coprésenté avec Stéphane Cochet (A003 Architectes) notre retour d’expérience du label E+C- ainsi que notre opération de Montreuil (17 logements en R+5 bois certifiés Passivhaus et BBCA performant).

Rappellons que dès l'an prochain, on ne parlera plus de réglementation thermique, mais de réglementation environnementale, qui fera la part belle à la construction bois.

Deux ruptures nettes à venir avec la RT 2012

La première rupture avec la RT 2012 est annoncée depuis le début de l'expérimentation E+C- : l'impact carbone de la construction, sur l'ensemble de son cycle de vie, devra être évalué et sera soumis à des seuils contraignants.

Dans ce contexte, l'utilisation de bois dans le bâtiment a un impact fort sur le bilan carbone des nouvelles constructions. En effet, le bois est un matériau renouvelable qui « fixe » le carbone, ce qui se traduit par un impact carbone négatif pour la phase de mise en œuvre dans les données environnementales. Ceci est directement valorisé dans la méthodologie E+C- (et la future RE2020), et ce n'est pas un hasard si les bâtiments exemplaires s'appuient sur ce mode constructif : on peut ainsi citer le siège d'Enertech à Pont-de-Barret, ou encore le projet Le Blé en Herbe (photo ci-dessous), que nous avons évalué dans le cadre de notre mission d'AMO pour l'ADEME pour l'évaluation de l'expérimentation E+C-. Ces deux projets atteignent le niveau E4-C2 du label, et s'appuient sur un mode constructif bois-paille, ce qui n'est pas une surprise car c'est avec les murs à ossature bois que l'on optimise au mieux la quantité de bois et que l'on atteint les meilleures performances environnementales.

Bleenherbe

Deuxième rupture avec la RT 2012, annoncée cet été avec la loi Elan : outre les critères E et C attendus, la réglementation fixera aussi des objectifs d'incorporation de matière biosourcée, à l'image du label biosourcé ! Le bois sera donc mis en avant non seulement indirectement pour son impact carbone, mais aussi valorisé pour lui même. Les modalités d'application restent bien entendu à déterminer, mais c'est un signal fort pour cette filière.

Les autres avantages de la filière bois

De nombreux avantages de la réalisation d’ouvrage bois ont aussi été mis en avant au cours des différentes conférences :

  • lorsque le bois en présent localement, comme c’est le cas en Nouvelle-Aquitaine, sa mise en œuvre permet d’utiliser une ressource durable et locale tout en dynamisant l’économie à l’échelle du département ou de la région ;
  • la préfabrication et mise en œuvre en filière sèche permettent de réduite les nuisances de chantier et les délais de construction ;
  • l’isolation et la pose de menuiserie peuvent être réalisées en usine, lors de la préfabrication des murs à ossature bois par exemple. Cela limite fortement les malfaçons et aléas de chantier.

En matière de projets exemplaires, retenons la forte volonté de l’EPA Bordeaux Euratlantique d’intégrer massivement du bois local aux nouvelles constructions de cette zone en pleine réhabilitation à proximité de la gare de Bordeaux.

La réalisation de l’immeuble de bureaux Perspective (photo ci-dessous) en ossature bois a permis de diviser par deux la durée du chantier. De nombreux lots des futures zones à construire seront consacrées à la construction bois. C’est notamment le cas des 9 lots du futur quartier Armagnac.

Perspective

La construction bois a un bel avenir devant elle, notamment en Nouvelle-Aquitaine !